FAQ éco-rénovation à Lanredec

  1. Aviez vous déjà une expérience dans le domaine ?

  2. Quelles étaient vos motivations ?

  3. Pourquoi une rénovation plutôt qu'une construction ?

  4. Comment avez vous choisi la maison à rénover ?

  5. Q'est ce que vous avez utilisé comme matériaux d'isolation et pourquoi ?

  6. Comment vous chauffez vous ?

  7. Où mettez vous le bois ?

  8. La véranda est elle chauffée ?

  9. Pourquoi ne pas isoler le mur de la véranda ?

  10. Pourquoi ne pas viser une maison à énergie positive ?

  11. Pourquoi pas de photovoltaïque ?

  12. Pourquoi un enduit chaux/chanvre alors que c'est déjà bien isolé ?

  13. Est ce que vous avez un mur d'inertie ?

  14. Pourquoi pas de pompe à chaleur ?

  15. Pourquoi pas de VMC double flux ?

  16. Pourquoi des capteurs solaires autovidangeables ?

  17. Et l'étanchéïté à l'air ?

  18. Vous utilisez l'eau de pluie pour quoi ?

  19. Pourquoi un puits perdu ?

  20. C'est combien le coût au mètre carré ?

  21. Vous mettez une protection sur le bardage ?

  22. Vous peignez les fenêtres ?

  23. Pourquoi des fenêtres différentes suivant les orientations ?

  24. Pourquoi pas un poêle à pellets ?

  25. C'est quoi cette cuisinière ?

  1. Aviez vous déjà une expérience dans le domaine ?

    En 1983 notre premier enfant nous a fait quitter une location de 33 m2 sans chauffage pour acheter un trois pièces de 43 m2 sans confort. Nous l'avons redistribué, avons créé une salle de bains (avec notre première ventilation mécanique, associée à l'éclairage), avons installé le chauffage (électrique : les chaudières gaz étaient déjà trop puissantes).
    En 1990 notre troisième enfant nous a fait acheter une maison de 30 ans de 200 m2, que nous avons voulue aussi économe que possible. A l'époque nous avons été considérés comme des fous furieux par les artisans et comme des monomaniaques par nos relations. Vingt ans plus tard la maison est encore largement aux normes thermiques actuelles pour les maisons neuves. Par rapport à notre nouvelle maison, nous avions fait le choix de solutions high-tech pour y arriver (en fait comme il n'y avait pas de solutions low-tech à l'époque, ou plutôt pas de façon simple de se documenter, on ne peut guère parler de choix) : polystyrène expansé (10 cm) sur les murs, laine de verre, laine de roche, vitrages faible émissivité, VMC double-flux, etc.

  2. Quelles étaient vos motivations ?

    Le déclencheur pour ce nouveau projet a été le départ de nos enfants. Une maison de 200 m2 pour deux, c'est lourd en entretien, c'est un peu déprimant, et surtout c'est un très mauvais exemple.
    Le choix de ce type de projet est, lui, motivé par le désir de limiter notre dépendance et notre complicité objective à l'égard des multinationales et de la haute technologie qui détruisent la terre et les sociétés humaines. Je ne rentre pas dans les détails, d'autres (Gandhi, Illich, Ellul, Schumacher, Rabhi, etc.) l'ont fait beaucoup mieux que je ne saurais le faire, surtout dans le format d'une FAQ.

  3. Pourquoi une rénovation plutôt qu'une construction ?

    L'impact d'une rénovation est nettement plus faible que celui d'une construction. L'efficacité de la maison qui en résulte sera certes également plus faible, mais la consommation supplémentaire due à ce manque d'efficacité mettra des dizaines d'années à rattraper l'impact immédiat de la stérilisation directe (l'espace occupé par la maison elle même) ou indirecte (la voirie, etc.) de centaines de m2 de terre, de la production (y compris l'élimination en fin de vie) et du transport des matériaux de construction, etc. Il est même plus que probable que si on fait intervenir le transport de leurs habitants, l'écart de consommation entre une maison rénovée proche des emplois, des commerces, des distractions, et une maison neuve (presque obligatoirement) plus éloignée ne fera que se creuser au lieu de se combler.

  4. Comment avez vous choisi la maison à rénover ?

    Nous habitons depuis 20 ans et aimons beaucoup ce quartier pavillonnaire proche du centre ville, bordé par les facs, une rue commerçante, un ancien bourg suburbain. Cette maison, bordée au nord par la rue, au sud par un grand jardin, encore plus proche du bourg et encore plus éloignée de la circulation que la nôtre, nous a tout de suite tapé dans l'oeil. Du coup nous ne nous sommes pas rendus compte qu'elle était beaucoup trop chère, qu'elle était en bien plus mauvais état que les diagnostics immobilier ne l'avouaient (ce qui nous a a-posteriori amenés à aller beaucoup plus loin dans la rénovation), et que les maisons voisines et la pente du terrain la maintenaient à l'ombre pendant presque deux mois en hiver (mais les nuages aussi, alors ...).

  5. Qu'est ce que vous avez utilisé comme matériaux d'isolation et pourquoi ?

    En toiture de la ouate de cellulose. C'est un isolant très efficace, avec une bonne inertie thermique qui évite la surchauffe d'été qu'on a avec la laine de verre (oui, même en Bretagne, ça cogne sous les combles). En termes d'impact, c'est un déchet : si on ne l'utilisait pas à ça il faudrait dépenser de l'énergie pour s'en débarrasser.
    Sur les murs de la laine de bois. C'est aussi un isolant très efficace. Son impact est plus élevé que celui de la ouate de cellulose mais encore très modéré.
    Sous le sol du liège expansé. C'est le seul isolant avec un impact raisonnable qui résiste indéfiniment à l'humidité. Son seul inconvénient est qu'il n'y a pas assez de chênes-lièges dans le monde pour tous les projets de maisons basse-énergie, il faut donc le réserver aux utilisations en milieu humide.

  6. Comment vous chauffez vous ?

    Un ballon d'hydro-accumulation de 500 l stocke la chaleur provenant des capteurs solaires, de la cuisinière à bois à bouilleur (nous espérons ne pas regretter l'appoint électrique prévu initialement). Cette chaleur est disponible pour alimenter un plancher chauffant, deux radiateurs basse température et le chauffage instantané de l'eau chaude sanitaire. L'histoire de ce choix est un peu compliquée : Une attaque de mérule nous a obligés à faire sauter le plancher du rez de chaussée, que nous avons remplaçé par une dalle isolée pour avoir une meilleure isolation et une meilleure inertie ; il aurait été idiot de ne pas en profiter pour passer un serpentin dans la dalle, puis idiot de ne pas utiliser ce serpentin (d'autant que, la maison étant partagée par un mur de 50 cm, le chauffage central était presque obligatoire) ; nous avions envie d'une cuisinière, autant s'en servir pour chauffer l'eau, mais pour ne pas avoir trop chaud quand on fait beaucoup de cuisine et froid le matin avant que quelqu'un ait pris son petit déjeuner il fallait un tampon thermique ; il aurait été idiot de ne pas utiliser le chauffage en appoint du chauffe-eau solaire et le plus simple(*) pour le faire étant d'utiliser le chauffe eau solaire en tampon du chauffage, nous nous retrouvons à pouvoir aussi utiliser les capteurs solaires en appoint du chauffage (même si leur taille rendra leur apport très marginal ; mais si on part en vacances ça devrait maintenir la maison hors gel voire mieux(**)).
    (*)J'ai bien écrit "simple", pas "facile". Il n'a pas été du tout évident de convaincre maître d'oeuvre et plombier qu'un double ballon, avec un système de priorisation pour envoyer la chaleur à droite ou à gauche en fonction des températures ici ou là, était nettement moins logique et avait plus de chances de nous laisser sans eau chaude justement dans le ballon où on en aurait besoin.
    (**)Dès que la température du ballon tombe entre 30 et 40° (environ celle d'un plancher chauffant ou d'un radiateur basse température) les capteurs solaires produisent même avec un soleil très voilé (enfin, en été, pour l'hiver on attend pour voir).

  7. Où mettez vous le bois ?

    Dans le jardin. Le bois a besoin de pluie pour sécher. Mon estimation actuelle de consommation est de 6 stères par an. Si on stocke sur 1,5 m de haut, ça occupe environ 6 m2 pour deux ans : ça devrait tenir sur le côté de la maison. On a prévu un stock de 100 kg dans la cuisine (un module standard de cuisine aménagée, qui devrait nous chauffer une semaine) et on pourra en pré-disposer encore largement autant dans la serre, le temps qu'il perde son humidité superficielle.

  8. La véranda est elle chauffée ?

    La serre est chauffée par le soleil quand il y en a et par les déperditions de la maison sinon. Sa fonction est de servir de chauffage des murs (qui transmettent la chaleur à l'intérieur avec un déphasage d'une dizaine d'heures), de pré-chauffage de l'air frais (ce qui évite la moitié des tuyauteries, la moitié de la puissance de pompage et l'échangeur d'une VMC double flux), d'espace tampon qui protège la façade des vents dominants, et de sas d'entrée. Sa fonction n'est pas d'être une pièce d'habitation utilisable en toutes saisons (même s'il n'est pas interdit d'y vivre).
    Voir aussi mes calculs.

  9. Pourquoi ne pas isoler le mur de la véranda ?

    Le mur entre la maison et la serre c'est un pari. D'après mes calculs thermiques on aurait mieux fait d'isoler le mur plutôt que faire une serre. Mais si on fait une serre c'est pour chauffer le mur et pour préchauffer l'air, et d'après mes calculs thermiques ça fonctionne d'autant moins comme ça que le mur est plus isolé. On verra à l'usage. De toutes façons si on s'est trompé ça ne sera pas dramatique : on est à Brest, pas à Mouthe.
    Pour le muret extérieur c'est plus clair. La résistance thermique du muret non isolé est déjà meilleure que celle des vitrages. L'isoler plus n'aurait aucun effet.

  10. Pourquoi ne pas viser une maison à énergie positive ?

    Parce que ça n'existe pas. L'énergie qu'il faut mettre pour faire une maison à énergie positive est tellement importante qu'il faudrait des dizaines d'années (en fait nettement plus longtemps que jusqu'à ce qu'il soit nécessaire de la rénover) pour que l'énergie qu'elle produit compense l'investissement. Bon, j'exagère peut être un peu mais sûrement pas beaucoup. Les premiers euros dépensés sont très efficaces mais les suivants le sont de moins en moins : si votre maison a 1 cm d'isolant et a besoin de 1000 kW.h de chauffage, passer à 2 cm d'isolant vous fera passer à 500 kW.h de chauffage, 4 cm à 250 kW.h, 8cm à 125 kW.h, 16 cm à 62 kW.h, 32 cm à 31 kW.h, donc le premier cm vous aura fait économiser 500 kW.h et le dernier à peine 1 kW.h (en réalité c'est encore pire parce que plus la maison est performante plus les endroits non isolables représentent une part importante des déperditions).
    Voir aussi mes calculs.

  11. Pourquoi pas de photovoltaïque ?

    Trop high-tech et on a préféré mettre notre argent dans ce qui nous tient à coeur plutôt que dans un investissement financier. Ajouter des kW.h solaires sur le réseau n'a aucun intérêt si on n'en profite pas pour ôter plus de kW.h non renouvelables qu'on en a ajouté des renouvelables. On a quand même prévu le passage des fourreaux électriques pour pouvoir le faire quand, au vu de notre mode de vie, le coût d'un négawatt sera devenu plus élevé que celui de la production d'un kilowatt.

  12. Pourquoi un enduit chaux/chanvre alors que c'est déjà bien isolé ?

    L'enduit chaux/chanvre n'est pas vraiment un isolant. Bien mis en oeuvre on peut arriver à une performance trois fois plus faible que de la laine de bois, ce qui veut dire qu'il en faudrait trois fois plus épais pour obtenir le même résultat : ça n'est même pas envisageable, tant d'un point de vue encombrement que temps de séchage que possibilité de bien le mettre en oeuvre.
    L'enduit chaux/chanvre a deux intérêts techniques (surtout pour cette maison en béton) : d'une part sa faible effusivité (sa capacité à changer rapidement de température en présence d'une source de chaleur - la peau par exemple), d'autre part sa capacité à réguler l'humidité de l'air (et même l'humidité tout court : on nous a parlé d'une maison où il y avait des mares d'eau tous les hivers jusqu'au jour où on y a fait des enduits chaux-chanvre. Un autre intérêt, et non le moindre, c'est son esthétique (et puis c'est à peine plus cher qu'un placage en Fermacell, et même moins si on tient compte de la peinture).

  13. Est ce que vous avez un mur d'inertie ?

    A l'intérieur de l'enveloppe isolée on trouve les murs extérieurs en béton (75 t), le mur intérieur en moellons (30 t), le plancher chauffant en chaux et terre cuite (10 t). L'ensemble a une capacité calorifique d'environ 30 kW.h/K, c'est à dire qu'en une journée d'hiver sans soleil et sans chauffage leur température (et donc celle de la maison) baisserait d'environ 1,5°. Un avantage quand la maison est habitée en permanence, un inconvénient quand on revient de vacances dans une maison froide (et une bonne raison d'avoir des revêtements à faible effusivité).

  14. Pourquoi pas de pompe à chaleur ?

    D'abord il faut distinguer dans l'ordre croissant d'ineptie les VMC thermodynamiques (on récupère la chaleur de l'air qui sort de la maison pour chauffer celui qui entre, une VMC double flux ordinaire injecte de l'air légèrement plus froid que l'air extrait, une thermodynamique injecte de l'air légèrement plus chaud que l'air extrait ; le COP est excellent et constant), la géothermie (on récupère la chaleur de la terre qui est d'autant plus constante et élevée qu'on a creusé plus profond ; le COP est bon à médiocre suivant la profondeur de l'échangeur et se dégrade d'autant plus vite qu'on sollicite plus la source de chaleur - que l'échangeur est moins surdimensionné), et l'aérothermie (on essaie d'extraire de la chaleur de l'air extérieur ; le COP est excellent quand il fait déjà chaud (sauf, d'ailleurs, si on la fait fonctionner en climatiseur) et catastrophique quand il fait froid, surtout si l'air est humide car l'humidité se condense, l'eau gèle et il faut faire fonctionner la PAC à l'envers pour la dégeler).
    Et même une pompe à chaleur de VMC (ou de frigo, ou de congélateur, ou de climatisation) contient des fréons qui sont parmi les plus puissants gaz à effet de serre (10 000 à 20 000 fois plus que le CO2), et qui sont parfaitement inertes, c'est à dire qu'il ne faut pas compter sur des processus naturels (comme dans le cas du CO2) pour faire disparaître les fuites de l'atmosphère.

  15. Pourquoi pas de VMC double flux ?

    D'abord je rappelle que je vis depuis 20 ans en compagnie d'une VMC double flux. Ça me permet d'être crédible quand je dis qu'il n'y a rien à redire sur les avantages bien connus du produit.
    Oui, l'air frais entre à une température agréable (plus qu'avec une simple flux, un extracteur ou en ouvrant les fenêtres) même quand il fait froid dehors. Oui, l'air ambiant est sec, on ne voit nulle part de taches de moisi, ni au dessus de fenêtres, ni dans les angles des pièces d'eau, ni dans les recoins des chambres à coucher, et les instruments de musique ne se désaccordent pas, tout cela même s'il a plu sans discontinuer pendant un mois. Oui, on peut rester des mois sans ouvrir les fenêtres. Oui, la facture de chauffage n'est pas la même que si on obtenait la même aération par des ouvertures de fenêtres. Oui, le moteur est robuste et peut tourner des années sans tomber en panne.
    Mais la VMC doit fonctionner en continu 24/24 365/365. Mais ça fait un léger bruit de souffle (on s'habitue ... ou on ne s'habitue pas). Mais la pompe et l'échangeur font un peu de bruit, pas beaucoup, on n'entend rien si le groupe est dans un endroit inaccessible, mais il faut quand même aller dans l'endroit inaccessible nettoyer les turbines et l'échangeur au moins une fois par an. Mais les gaines en PVC souple se remplissent de poussière et ne sont pas ramonables (en France on ne trouve quasiment que ces gaines, à l'étranger on n'en trouve quasiment pas ...). Mais la pompe est encombrante et l'échangeur très encombrant. Mais les gaines prennent deux fois plus de place que s'il n'y a que des gaines d'extraction.
    Et puis à Brest il ne fait pas si froid qu'il y ait besoin de préchauffer l'air entrant ... surtout qu'on a prévu de le préchauffer dans la serre ... et qu'avec une VMC Hygro-B on fait entrer 4 fois moins d'air qu'avec une double flux.

  16. Pourquoi des capteurs solaires autovidangeables ?

    Les systèmes autovidangeable n'ont à mon avis (enfin a-priori) que des avantages sur les systèmes sous pression. Ils sont moins high-tech donc plus robustes et demandent moins d'entretien, et cela ne les empêche pas d'avoir de meilleures performances. Non, en fait ils ont un inconvénient : les plombiers (français) n'ont pas l'habitude d'en poser, or ils sont sensibles à une erreur de montage que les systèmes sous pression pardonnent souvent : un circuit hydraulique bien conçu a un point haut et un point bas (pas de siphon), mais si un système sous pression peut fonctionner longtemps avec un siphon (jusqu'à ce qu'on ait besoin de le vidanger ou de le purger), un système hydraulique avec un siphon ne peut pas s'auto-vidanger.
    Voir aussi ce diagramme causal.

  17. Et l'étanchéïté à l'air ?

    On n'a pas fait de test et je crois qu'on n'en fera pas parce que je pense avoir une bonne idée de ce à quoi je peux m'attendre. Le plancher chauffant devrait fuir un peu (le hérisson est ventilé, la chaux maigre est poreuse). La rupture de pont thermique autour du plancher chauffant devrait fuir pas mal (elle a été faite en plaçant des plaques de liège contre la maçonnerie en pierre ; ce liège est arasé à fleur de la face supérieure de la terre cuite et ne doit pas être partout complètement pris dans l'enduit chaux/chanvre qui n'est lui même sûrement pas étanche. Le contact entre le plancher de l'étage et le mur dans l'isolation du toit devrait fuir un peu (le freine vapeur a été collé au plancher au lieu d'être collé au mur qui n'était pas accessible). Un certain nombre de gaines électriques ou de plomberie, et de passages de gaines, devraient fuir sensiblement.
    Je pense donc qu'on serait loin de la norme pour la construction neuve. En mars 2010 la norme BBC pour la rénovation ne prévoit rien sur l'étanchéïté. A mon avis si les infiltrations d'air restent notablement inférieures à la ventilation normale il n'y a pas de raison d'en faire un vélo, et les conditions de mesure sont assez loin des conditions normales de fonctionnement de la maison (de nombreuses ouvertures qui sont soigneusement colmatées pour le test seront certainement, voire obligatoirement, ouvertes quand la maison sera occupée et elles aussi fuiront plus quand il y aura du vent).

  18. Vous utilisez l'eau de pluie pour quoi ?

    L'eau de pluie est de meilleure qualité physique (turbidité), chimique (pesticides) et même bactériologique (si on prend en compte la dangerosité des germes) que l'eau de ville. Légalement on ne peut l'utiliser que pour le jardin, les WC et, si elle est potabilisée, le lave linge. C'est une connerie sans nom. La France est le seul pays avec une législation aussi restrictive, sans doute parce qu'elle est la patrie des plus grandes multinationales de la privatisation de l'eau. Ça ne peut que changer. Et donc on prévoit une installation avec laquelle on pourra brancher les distributions d'eau autorisées sur les nourrices autorisées (eau pluviale ou eau de ville) au fur et à mesure des progrès législatifs.
    Voir aussi mes calculs.

  19. Pourquoi un puits perdu ?

    L'eau de pluie ne peut plus aller à l'égoût dès lors quelle a transité dans une cuve, le trop plein de la cuve d'eau pluviale va donc au puits perdu. Le drainage autour de la maison ne peut non plus aller à l'égoût, il va donc au puits perdu.

  20. C'est combien le coût au mètre carré ?

    Réponse courte : 1700 euros. (c'est ce que dit le maître d'oeuvre, je ne sais pas d'où il sort ça, mais ça correspond sûrement à quelque chose.)
    Réponse longue : c'est le type même de la question qui n'a pas de sens. Les mêmes travaux dans une autre maison pourraient coûter plus cher ou moins cher indépendamment du nombre de m2.
    D'abord que met on dans le coût ? le système de récupération d'eau de pluie ? l'achat de la maison ? les travaux liés à l'infestation de mérule ? et pour ceux ci, jusqu'où va-t-on ? jusqu'au choix du système de chauffage ? Coût hors taxe ou avec une TVA à 5,5% ou à 19,6% ou avec la répartition effective qui dépend du détail des travaux ?
    Ensuite de quels mètres carrés parle-t-on ? du garage ? de la serre ? de surface hors oeuvre nette ? de surface de plancher ? de surface habitable ?
    Si la question est de savoir le surcoût par rapport à une rénovation de même qualité avec des matériaux moins écolos, je ne pense pas qu'il soit très différent parce qu'au fond si le critère de la qualité n'est pas environnemental il ne peut guère être lié qu'au coût lui même. Alors est ce qu'une rénovation au même coût serait plus chère ou moins chère ? Quand je disais que ça n'a pas de sens ...
    Voir aussi le devis.

  21. Vous mettez une protection sur le bardage ?

    Non. C'est du Douglas, ou pin d'Oregon(*), une essence naturellement résistante. Le bois de bout est à l'abri du toit en haut et restera à 20 cm de la terre en bas. Quand les premières planches commenceront à pourrir dans 20 ou 30 ans on les remplacera (et ça coûtera moins cher que d'avoir peint ou huilé ou lasuré ou ... parce que quand on commence à "protéger" il faut entretenir la protection si on ne veut pas créer des nids à champignons) et quand on (pas nous probablement !) voudra tout refaire dans 50 ans tout pourra aller dans la cuisinière sans s'inquiéter des dégagements de COV. D'ici là ca va griser au soleil ; le bois bronze aux UV comme la peau humaine. Au nord, le long de la rue, à l'abri du soleil il va garder beaucoup plus longtemps sa belle couleur orangée.
    (*)Non, ce n'est pas du pin et il ne vient pas d'Oregon. C'est du pseudotsuga et c'est la principale essence de reboisement depuis 1960 dans les zones françaises de moyenne montagne.

  22. Vous peignez les fenêtres ?

    Peinture dehors, huile dure dedans. Contrairement au bardage les menuiseries ont une fonction structurelle. Il ne faut pas qu'elles se déforment. Et puis une petite touche de couleur ça vous habille une façade. C'est complètement différent des 120m2 du bardage.

  23. Pourquoi des fenêtres différentes suivant les orientations ?

    Le type de vitrages est un compromis entre laisser entrer la lumière et ne pas laisser sortir la chaleur.
    Au nord on ne peut de toutes façons pas compter sur un apport solaire donc il faut isoler au maximum. Le surcoût du triple vitrage n'est pas rédhibitoire surtout si on en profite pour rétrécir les baies. Pour une maison neuve il faudrait même faire en sorte que le mur soit aveugle (voyez les maisons rurales d'il y a un siècle ou plus).
    A l'est et à l'ouest on peut avoir des apports relativement importants, parce que quand le soleil est dans cette direction il est bas et que les rayons sont donc perpendiculaires aux vitres et pénètrent facilement et loin. Mais le temps pendant lequel ça se produit est relativement court et, dans le cas de l'ouest, risque de donner un coup de surchauffe du soir à une maison qui a déjà chauffé toute la journée. Comme le vitrage à isolation renforcée est presque le moins cher et qu'en plus il donne un crédit d'impôt, on s'est laissé convaincre.
    Au sud dans certaines conditions un simple vitrage peut avoir un meilleur rendement qu'un vitrage isolant. Sur le papier le meilleur compromis (à Brest) est un double vitrage clair (sans faible émissivité, sans argon, etc.).
    Voir aussi mes calculs.

  24. Pourquoi pas un poêle à pellets ?

    On est allés en voir fonctionner. C'est bruyant. Il y a un ventilateur pour l'air de combustion, un moteur pour la vis sans fin d'alimentation, un circulateur pour l'eau chaude. C'est un peu comme si on avait sa chaudière à gaz dans le salon. D'ailleurs techniquement c'est du même niveau, on préfère le low-tech.
    Deuxième inconvénient, le stockage. Les pellets doivent être stockés dans un lieu rigoureusement sec (leur taux d'humidité est de 5% mais le taux d'humidité du bois en équilibre avec l'air ambiant est de l'ordre de 15 à 20%, les pellets ont donc tendance à reprendre de l'humidité). Soit ils sont livrés en sacs plastique (pas très écolo), soit en vrac (attention à la poussière pendant les livraisons) dans un silo auquel il faut trouver de la place pas trop loin de la chaudière.

  25. C'est quoi cette cuisinière ?

    C'est une cuisinière en fonte de marque Esse. Pour la cuisine c'est le principe d'une Aga avec plus de souplesse. Les performances (rendement et émissions) sont suffisantes pour bénéficier du crédit d'impôt. Elle est fabriquée par une petite entreprise de l'Angleterre profonde (qui est aussi à l'origine de la cuisinière vendue par Cashin). Nous sommes allés en voir fonctionner une chez des usagers enchantés qui l'avaient choisie parce que c'était la marque la mieux isolée (notre principale inquiétude), et avons discuté au téléphone avec d'autres usagers qui l'utilisent 365/365 (ils n'ont rien d'autre pour faire à manger) depuis 10 ans.